journal de bord et humeur du jour

8 juin 2012

# 00008 - soupir


soupir béant
hauteur à portée de main
le ciel ouvert appelle les vieilles pierres vibrantes
coin de vigne
le verre et le béton se dressent
trop haut sans nuance
coin de ville


7 juin 2012

# 00007 - parking désert



la glace recouvre la vallée
l'alcool recouvre nos yeux
déjà la nuit dépasse le temps
ta cigarette nous brûle les doigts
black sabbat nous enivre de ses guitares rauques


ta voix chaude et lourde
t'emporte au loin comme une graine
la nuit pénètre l'intérieur de l'automobile
la nuit allonge tes doigts sur le parking désert et froid


nos tremblements annoncent déjà l'aube
des jours anciens ceux de midnight rambler infini


6 juin 2012

# 00006 - mémoire 151



la route déroule abrupte toutes ses images
flashes aveuglants en longues rayures
irrésistiblement je m'y enfonce villes après villes


dans les immenses plaines de la beauce j'étale ma mémoire
jusqu'en pays de caux stoppé par les falaises au bord du monde
couleurs panoramiques incroyablement enivrantes j'y pose mon âme


il est long le temps de la mémoire chargé de ses rewinds
en noir et blanc des images piquées aux rayures jaunes
passé riche de sourires de diamant et de larmes de cristal


coeur ballotté depuis les sommets jusqu'aux abîmes
le soleil inventeur d'ombre s'éclate sur la courbe de ton épaule
l'air bleu et chaud vibre devant mon pare-brise


parfum de ton regard
là près de moi encore
un rien me frôle


5 juin 2012

# 00005 - temporalité bleutée



un cliquetis sombre déchire l'air au lointain flou
nuages lourds énormes s'engouffrent en masse
l'horizon se cache cache comme un guetteur joue


le pays plat se tamise mine de rien calmement lentement
l'air se courbe s'incline en tendances molles et lourdes
en couleurs en odeurs brutalement saturées


changement de décor - acte 2
inutile de crier l'air est déjà trop lourd
les mots restent plaqués au sol collés à la terre encore chaude


le printemps s'apprête à se retirer vaincu fatigué
les couleurs s'agitent soudain
les travaux des champs seront amples et jaunes
chargés d'ocres et du chant des grillons écrasant


puis viendront les jours de sueur
c'est là que dans
ta main chaude
je sentirai ta peau



4 juin 2012

# 00004 - rêve de terre



sur la route des roses les herbes s'affolent
caresses du vent graphiques et velours ondulent
et le miel en dégoulinades lentes pour prendre ses lèvres
horizontales de son sourire


j'aime plus que tout les étoiles croisées dans l'univers
de ses pupilles entières étincelles de vie
bleu profond de mes rêves-douceurs bordés de tendresse
pour unique voile son corps
rêves de terre l'univers se tend
un fil


3 juin 2012

K155/4 House of the blue winds (the end)


seul le vent sait ouvrir 
les portes sur le large !
à la lande déserte



K155/3 Bois blanc (the end)


il s'est mis à quai
entre 2 vagues
le temps de vérifier sa coque

K155/2 Brûlure (the end)


dans la tourmente du temps
air de brûlure profonde
éclair rouge rétine au fond du vent
l'asphalte écarlate surchauffe l'horizon 
la ligne est un feu de passion

K155 / 3 (the end)



this is the end of On The Road Again
encore deux lunes là-haut pour rêver peut-être


la route se perd dans des horizons improbables
au loin le cliquetis des grues sur l'océan...


merci de m'avoir suivi jusqu'ici

K155/1 (the end)

ICI S'ARRETE MA ROUTE

 F I N     DE     LA     T E R R E


 F I N     D E     M A     R O U T E


 MERCI A TOUTES ET A TOUS


 DE M'AVOIR SUIVI


 JUSQU'ICI


à bientôt peut-être dans un autre ailleurs...


# 00003 - premier jour



depuis le premier jour l'oiseau s'appuyait sur le tronc
le souffle de l'air secouait ses ailes
combien d'heures de jours pouvaient passer
les saisons pouvaient défiler
l'oiseau devait guetter l'intrus
celui que devait passer par le chemin de terre
qui montait jusqu'à la ruine du manoir
le vent se renforçait  la lune commençait sa danse de nuit
entre nuages sombres et voiles fin d'étoiles
les grandes herbes s'affolaient agitées en tout sens
pourtant un calme lourd pesait sous les nuages
c'était le jour le premier depuis de longs jours
qu'IL décidait de repartir...


2 juin 2012

K154/1




K154 / 3





# 00002 - rouge


seules rouges les ruelles allongées dans le silence impossible
à côté des artères insomniaques soleil levant dans la poussière
matin enfoui figé depuis les temps impériaux


tokyo ne sait pas se taire entre moteur et cri de saké
aucun calme pour l'aube aucune accalmie regard noir rouge
tokyo toujours répand ses couleurs jaunes sur la chaussée brûlante


du matin 6h pas encore debout
repos en sursis et déjà trop chaud
les images traversent ainsi les océans


toujours
bleues
ou éteintes

1 juin 2012

K153/1


 V O Y A G E S    J A U N E S      V O Y A G E S   B L E U S      V O Y A G E S   R O U G E S

# 00001 - asphalte


comme celle du cormoran sa route s'invente
dans la lumière des phares de nuit chaude
l'asphalte épais descend serpente ardent sous
le feux vibrant du soleil pleine chaleur
c'est un jour rouge dans le coeur un jour sans peur


se tenir droit immobile un instant au-delà du temps
souffle le vent tiède l'air cesse son refrain lancinant
il se colore de rouge entre l'horizon et ses pommettes
un grand silence de virage en rivage
bleue la ligne de temps ne bouge pas il observe il sent
il voit