il est des jours qui s'étirent comme des lignes rougessans fin apparente
des jours lents très lents
un ciel qui s'embrase
nuages rouges de colère ou de timidité ambiguë
le mystère devient ombre
quelque chose s'agite invisible
l'air vibre des dernières lueurs du jour
... le jour prépare la nuit
majestueusement comme une offrande
les routes du feu dévorent le temps...
toujours plus loin
derrière les lignes rouges qui s'échappent qui s'enfuient
dans les plis furtifs de l'horizon éclaté
d'un tableau de turner
du fond des ombres montent les premiers cris
ceux qui allument la nuit
ceux qui chavirent les coeurs à minuit
percent les nuits noctambules
des ultimes errances des âmes en peine...
vénus s'invite la première
dans l'ombre qui grandit
accueille les premiers amants de la nuit
les premières passions de demain
les lignes rouges seront bleues cette nuit du sang de nos serments...!